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Michelle Elie ou le sens de l’extravagance


Michelle Elie ne se contente pas de collectionner les pièces, elle les porte et les expose.

L’e-mail annonçant ­l’annulation de l’événement prend de court Michelle Elie en ce printemps 2018. Voilà des semaines qu’elle aide des amis photographes à monter un accrochage à la foire d’art contemporain Art Cologne, ville où elle réside depuis 1998. Or elle a déjà réservé une surface d’exposition quand tout tombe brutalement à l’eau. « Pourquoi n’y montrerais-tu pas ta collection ? », suggère son directeur artistique de mari, Mike Meiré, en guise de plan B. « Je l’ai regardé, interloquée, en me demandant de quoi il parlait, se souvient Michelle Elie, avec son débit mitraillette. Je n’avais jamais pensé que mes vêtements Comme des Garçons formaient une collection ! »

« Dans la rue, les gens me photographient sans me demander l’auto­risation. » Michelle Elie

Elle a donc loué des mannequins en plastique sur lesquels elle a glissé quelques-uns de ses trésors : une vingtaine de pièces du label japonais connu pour son avant-gardisme et sa créativité sans limites (surtout pas celles du corps humain). Sans plaquette explicative, ni contrat d’assurance. Mais avec un écho suffisant pour faire encore parler d’elle jusqu’à Francfort, deux ans après : le Musée des arts appliqués de la ville natale de Goethe lui consacre, cet été, une exposition où les visiteurs peuvent découvrir une cinquantaine de ses tops, jupes, ensembles, manteaux, tous sortis de l’imagination de « Mme Rei Kawakubo », comme elle dit sentencieusement. Des néokimonos et robes aplaties de l’été 2012 ; des costumes ondulants et déconstruits de l’hiver 2013 ; des compositions écarlates, ajourées et improbables de l’été 2015 ; des tenues hypertrophiées de l’hiver 2015… Le titre de l’expo sonne comme un manifeste : « La vie ne me fait pas peur ». La mode non plus. Et porter une mode ultra-pointue dans la vraie vie, encore moins.

Collection « Roses & Blood », printemps-été 2015.

Sa toute première acquisition remonte à 1995. « Je ne m’habillais jusque-là qu’en seconde main, mais je faisais du mannequinat et je venais de signer pour une campagne Maybelline bien rémunérée. Dès que j’ai touché ma paie, je suis allée directement dans la boutique Comme des Garçons, à New York. » Suivront d’autres achats coups de cœur, à intervalles réguliers – des folies, pour de grandes occasions. Mais c’est vingt ans plus tard, à partir de 2012, que celle qui dessine aussi des bijoux se met vraiment à accumuler des pièces. Ses trois enfants ont grandi, elle a davantage de temps et d’argent, et les collections de Comme des Garçons deviennent de plus en plus abstraites, à son goût.

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