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New York Fashion Week, la résiliente


Proenza Schouler.

C’est reparti. Après dix-huit mois de confinements à répétition, d’interdictions de voyager et de campagnes vaccinales, le grand ballet des semaines de la mode reprend du service après avoir dû jongler avec les outils digitaux, faute de défilés en public.

Le 7 septembre, New York a donc donné le coup d’envoi des collections féminines printemps-été 2022, avant que Londres, Milan et Paris ne prennent le relais. Sévèrement frappé par la crise du Covid-19, New York fait une fois de plus preuve de résilience, mot cher aux Américains, qui ont commémoré ces jours-ci les 20 ans des attentats du 11-Septembre. « La mode américaine dans sa globalité a été grandement affectée par la crise sanitaire, mais nous sommes une industrie résiliente, nous en sortirons plus fort », affirme Steven Kolb, directeur général du Council of Fashion Designers of America, qui se réjouit de la reprise des défilés avec podiums, flashs de photographes et invités.

Si certains poids lourds de la mode américaine ont fait défection, préférant montrer leurs collections en dehors du calendrier officiel – Marc Jacobs, Ralph Lauren ou encore Tommy Hilfiger –, d’autres effectuent cette saison leur retour dans la ville, à l’instar du Franco-Américain Joseph Altuzarra, de Thom Browne, Jeremy Scott pour Moschino ou Tom Ford.

Altuzarra.

Avec 91 marques présentes au calendrier, dont une quinzaine de nouveaux venus, cette édition semble avoir redonné de l’entrain aux créateurs, qui ont pour l’occasion investi différents lieux emblématiques de la ville : l’Empire State Building pour LaQuan Smith, Battery Park, à la pointe de Manhattan, pour Prabal Gurung, Little Island, l’île artificielle posée sur la rivière Hudson et inaugurée en mai pour Proenza Schouler… Tory Burch a elle recréé au cœur de Greenwich Village une block party, ces fêtes de quartier traditionnelles populaires dans les années 1970.

Tory Burch

L’ambiance est à la fête, comme le souligne Joseph Altuzarra, qui effectue ici son retour dans la Grosse Pomme après lui avoir préféré Paris ces dernières années. « On sent vraiment que les gens sont heureux de se retrouver, de ne plus regarder des défilés par écrans interposés. L’excitation et l’adrénaline sont de retour ! », s’amuse-t-il lors d’une interview – par vidéo – quelques jours avant son show.

Couleurs et gaieté

Des défilés pourtant sous haute surveillance : « Il n’y a que les mannequins qui sont exemptés de masques et la jauge du nombre d’invités a été drastiquement réduite. Nous en avons 230 contre près de 500 habituellement », ajoute Joseph Altuzarra, qui a investi un immeuble de bureaux abandonné depuis les débuts de la crise du Covid-19, dans le quartier de Tribeca. « Je me suis inspiré pour cette collection du livre Wilder Mann du photographe Charles Fréger. Il a immortalisé les rites et les coutumes païens de peuples européens, des hommes qui, le temps d’une cérémonie, deviennent ours, chèvre ou sanglier. J’avais envie de célébrer la nature et sa magie sauvage. » Sur le podium, l’allure est bohème et décontractée, servie par des imprimés fleuris ou géométriques.

Carolina Herrera.

Wes Gordon, directeur artistique du label Carolina Herrera, qui fête cette année ses 40 ans, a, quant à lui, célébré la couleur et le volume autour de pièces aux accents eighties. « Une femme m’a contacté sur Instagram pour me dire qu’elle avait retrouvé dans son grenier des photos et des croquis appartenant à son époux décédé, il était tailleur pour la maison dans les années 1980. Une vraie mine d’or ! Ce fut le point de départ de cette collection que j’ai voulu très joyeuse. »

Tom Ford.

Les couleurs et les imprimés forts ont également inspiré le duo de Proenza Schouler, qui continue ses pérégrinations autour de la coupe et des superpositions, sur des robes frangées ou des capes enveloppantes. Couleurs et gaieté sont également au programme chez Tom Ford, qui jongle entre matières fluides et brillantes, palette électrique et esprit disco. Un retour au glamour qui souligne l’envie new-yorkaise de s’affranchir de la morosité des derniers mois. Autre approche de la couleur : celle de Gabriela Hearst, également directrice artistique de la maison Chloé, qui s’est inspirée des Navajos pour sa nouvelle collection, demandant à des Amérindiens de façonner des broderies et des patchs sur des robes ou des manteaux. Une nouvelle occasion pour la créatrice d’origine uruguayenne de célébrer l’artisanat.

Michael Kors.

Il est aussi question d’élégance en cette saison printemps-été 2022 new-yorkaise, à l’image de Michael Kors, qui propose un vestiaire efficace autour de classiques très années 1950 : pantalons raccourcis, jupes corolle à la taille haute, robes à la taille resserrée… Le voyage dans le temps se poursuit avec Tory Burch, qui s’est inspirée de Claire McCardell, créatrice américaine qui a introduit le sportswear dans les années 1930. « Elle s’est affranchie des conventions pour proposer un vestiaire réaliste avec la vie quotidienne des femmes de son époque. » Résultat ? Des pièces aériennes facilitant le mouvement.

Khaite.

La sobriété était également au programme, notamment chez Peter Do, créateur en vue, lauréat du prix LVMH pour les jeunes diplômés en 2014, et qui présentait ici son premier défilé. Une garde-robe déclinée principalement en noir et blanc pour répondre aux attentes de la femme d’affaires moderne. La New-Yorkaise est toujours une working girl. Fondé en 2016 par Cate Holstein, le label Khaite a également mis New York à l’honneur avec ses tonalités grisées sur des trench-coat ou des robes, rappelant les gratte-ciel. Première ville à inaugurer le retour des fashion weeks telles qu’on les connaît, New York a voulu montrer que l’industrie de la mode est, en effet, plus résiliente que jamais.

Lire aussi A la fashion week de New York, le Black in Fashion Council promeut la diversité



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