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Olivier Châtenet ou l’adieu à Yves Saint Laurent Rive Gauche


Olivier Châtenet à Paris, le 30 juin 2020.

Ce jour de janvier 2020, Olivier Châtenet a laissé entrer l’équipe venue de chez Kenzo. Les visiteurs, rattachés au service du patrimoine de la maison, sont montés au dernier étage de Passage Paris, l’entrepôt du 11arrondissement (géré par l’archiviste Zohra Alami) où il stocke les centaines de vêtements qu’il a acquis. Ils ont remonté une allée sur leur gauche puis ont emballé les grosses mailles, manteaux boutonnés, débardeurs en tricot, grandes chemises drapées et autres vestes imprimées — des dizaines de pièces seventies du créateur japonais, rachetées par la marque du groupe LVMH pour consolider ses archives. « J’ai pris une dernière photo des portants avant qu’ils chargent le tout dans la camionnette », se souvient Châtenet. Puis tout est parti.

Un léger pincement. Suivi d’un soulagement. « J’avais peur de douter, de changer d’avis au dernier moment… Mais j’ai été au bout de cette première cession sans affect. Désormais, j’espère que la totalité finira par être cédée. L’heure est au passage de relais. J’ai consacré tant de temps, de soin, d’argent à tout ça, cela a été lourd à porter. Mais je ne veux surtout pas devenir un vieux collectionneur qui meurt avec sa collection. »

Devenu incollable

A l’étage où celle-ci est installée, il reste encore, sur cintres, une palanquée de pièces Chloé, Sonia Rykiel, Cacharel, Mugler, Alaïa, et tant d’Yves Saint Laurent, créateur dont il a réalisé tardivement le sens des justes proportions et du dessin au cordeau, et sur lequel il est devenu incollable. Du prêt-à-porter essentiellement, sous la griffe Rive Gauche, même s’il a dépensé, pas plus tard qu’en juin, plusieurs centaines d’euros pour une jupe couture en patchwork de l’été 1969.

Olivier Châtenet à Paris, dans le show-room Passage, où il conserve ses trésors, comme des robes Saint Laurent Rive Gauche de 1967 à 1969.

« Je suis un homme nostalgique, assume-t-il. Aucun collectionneur ne peut nier que, dans une collection, il y a une volonté de revenir à un instant qu’on arrête, comme les photographes qui figent un moment. » Lui capture les années 1970. Celles où son père, dentiste, l’emmenait chiner dans les ventes aux enchères et aux puces de la porte de Clignancourt ; celles où sa mère, enseignante puis rééducatrice, revêtait pulls en maille et pantalons en jersey achetés chez Rykiel à Saint-Germain-des-Prés.

« A 12, 13 ans, j’achetais “Vogue Paris” avec mon argent de poche mais le cachais dans ma chambre. » Olivier Châtenet

Naissance à Boulogne en 1961 dans un milieu « classique », plaisir dès l’enfance à dessiner scènes et costumes historiques. « A 12, 13 ans, j’achetais Vogue Paris avec mon argent de poche mais le cachais dans ma chambre », rembobine Châtenet, par un bel après-midi de juin, assis sur un escabeau devant les successions de vêtements qu’il détient. Les ambitions du père d’en faire un ingénieur se heurteront aux 3 sur 20 récoltés en maths. Ce sera la mode, quitte à déplaire : premiers pas dans un bureau de style, formation de modéliste, puis assistant d’Alaïa, de Mugler, un passage chez Hermès, une rencontre avec Michèle Meunier qu’il épouse et avec laquelle il aura deux enfants et fondera deux labels avant leur séparation : Mariot Chanet (1988-1996) et E2 (2000-2010).

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