mylovehair.com
Infos Mode

Paris Fashion Week : l’éclectisme était de mise


Au dernier jour de la fashion week homme printemps-été 2021 (qui, rappelons-le, a pris une forme 100 % digitale en raison du Covid-19), l’éclectisme est de mise tant dans les collections que dans la manière de les présenter. On passe sans transition d’une rêverie exotique à une fable homo-érotique, en passant par une parodie de western. Et force est de constater que le storytelling prime bien souvent sur les vêtements.

Lanvin.

Exotisme de proximité chez Lanvin Lanvin est allé tourner sa vidéo de fashion week dans la Drôme, plus précisément dans le Palais idéal du facteur Cheval, cet invraisemblable château qui semble sorti d’un film des studios Ghibli. Il a été construit par Ferdinand Cheval, un facteur rêveur et bricoleur au tournant du XXe siècle, et reste en France le meilleur symbole de l’architecture naïve. Sur une chanson des Cocteau Twins (Cherry-Coloured Funk), des mannequins surgissent entre deux colonnes de cailloux ou derrière une statue de loutre ; ils portent des blouses, des foulards, des costumes ajustés dans des tons pastel ou un blanc éclatant. On retrouve l’essence du chic parisien agrémenté d’une dose de glamour hollywoodien, cocktail de prédilection du directeur artistique Bruno Sialelli depuis deux saisons.

Inventaire 3D chez Undercover Au rang des manières les plus originales d’aborder cette fashion week digitale, citons Jun Takahashi et son label confidentiel, mais néanmoins respecté – voire carrément culte pour une poignée d’initiés. En plus d’un petit teaser vidéo, le Japonais a mis en ligne un lookbook interactif : chacune des 42 tenues de la collection a été immortalisée en 3D ; il suffit de cliquer sur l’une d’entre elles pour pouvoir la voir sous tous les angles. Mention spéciale aux vestes de costume déconstruites à coups d’épingle à nourrice, aux ensembles chemise-pantalon imprimés de fleurs et de têtes de statue et à la méthode, plutôt maline.

Western débridé chez Phipps Saison après saison, l’Américain Spencer Phipps, fondateur de Phipps, se joue de la culture de son pays depuis Paris, où il vit. Compte tenu de l’exercice imposé de la vidéo cette fois-ci, l’occasion est trop belle de se moquer des westerns modernes. Le héros ? C’est lui, le créateur, évoluant dans un décor de Far West (le tournage a en fait eu lieu en Espagne), au gré d’un pastiche de bande-annonce. Son film imaginaire est intitulé Spirit of Freedom, et tous les clichés y sont : le verre au saloon, la partie de poker, la castagne dans le désert et les phrases-chocs en voix off comme « J’étais fatigué de fuir ». Et les vêtements, nous direz-vous ? Un poncho brodé d’un cow-boy au galop, un jean à empiècement de cuir façon pantalon de cavalier, une chemise imprimée de loups, une autre aux allures de carte postale, ambiance coucher de soleil sur les Rocheuses… A porter avec des pièces plus sobres. Et un peu de second degré.

Dior.

Dialogue pictural chez Dior Pour Dior, Kim Jones avait prévu un défilé, il se contente finalement d’un vidéo-reportage sur les coulisses d’une collection en collaboration avec l’artiste Amoako Boafo. En 2019, il a été frappé d’un « coup de foudre artistique » pour ce peintre ghanéen formé à Vienne qu’il a rencontré au Rubell Museum, à Miami, et qui peint des portraits colorés, explorant et célébrant les différentes perceptions de l’identité noire. Sur ses tableaux, des arrière-plans remplis de couleurs vives ou de motifs tranchent avec les visages sombres, enchevêtrement de peinture sombre appliquée avec les doigts.

Dans sa collection, le designer anglais transpose les tableaux de manière littérale ou métaphorique avec des techniques haute couture. Les silhouettes sont illuminées par du jaune fluo, du bleu et du corail, les imprimés évoquent les motifs graphiques d’Amoako Boafo. Les tissus reproduisent la structure complexe des tableaux en superposant des imprimés, de mailles et des motifs.

Partout, on retrouve la marque de fabrique de Kim Jones chez Dior : un tailoring fastueux (manteau cuir et fourrure, blouson bouffant en soie fermé par un nœud) et des pièces classiques détournées (comme ces ceintures de smoking multicolores) qui s’opposent aux influences streetwear (la parka gris perle) et des éléments a priori peu glamour (tels que les sandales portées avec des chaussettes). Avec, en sus, quelques sacs au potentiel commercial indéniable. Pas de doute, Kim Jones maîtrise son propos.

Lemaire.

Eloge de la simplicité chez Lemaire Un chassé-croisé de mannequins (hommes et femmes) dans un espace blanc, telle est la forme puriste choisie par le label parisien. La collection est conforme à ce que l’on pouvait en attendre : volumes oversized, tissus flottants, couleurs neutres. Le vestiaire des femmes inclut robes souples, manteaux stricts et jupes évasées ; celui des hommes, des vareuses et des ensembles chemise-pantalon à carreaux. Et celui qu’ils peuvent partager ? Des trenchs d’une légèreté surnaturelle, des pantalons à pli évasés, des chemises à poches et des vestes de costume nonchalantes, mais néanmoins dotées de tenue.

Homo-érotisme chez Ludovic de Saint Sernin Imaginez un conte d’été… Un éphèbe en slip lacé blanc s’élance dans une mer limpide et constate que son alter ego en slip lacé bleu marine l’observe depuis la plage abandonnée. Coup de foudre et ébats dans l’eau. Le plan des slips accrochés ensemble à une branche est une ellipse relativement claire. A vrai dire, à part une chemise et un short en cotonnade bleu azur, aucun autre vêtement ne fait d’apparition dans cette rêverie de vacances, dont le titre est une question : « Do you love me ? » Et la réponse est plutôt oui.

Clip olympique chez Thom Browne La palme de la vidéo la plus déroutante du jour revient au créateur américain. Ses défilés sont toujours la promesse d’un spectacle un peu azimuté ; or, cette fois-ci, le décorum est étonnamment sage : la vidéo est une sorte de clip en noir et blanc montrant le musicien Moses Sumney en train de chanter torse nu, en jupe longue traversée de deux rayures. Quoi d’autre ? Rien du tout. On découvre simplement, au terme de quatre minutes de film, que Moses Sumney se tient sur un piédestal, son corps musclé ressemblant à celui d’une statue antique.

La collection, inspirée par les Jeux olympiques de 1924 et 1936 (c’est précis), est une ode au sport et à la grâce, d’après ce qu’en dit la maison – que l’on croit sur parole, car la jupe susmentionnée est tout ce que l’on en aura vu. Mais, en ce dernier jour de fashion week digitale, après avoir visionné 67 expérimentations vidéo en tout genre, on peut affirmer que les vêtements n’auront pas toujours joué le premier rôle à l’écran…

Lire aussi Pantin-Hawaï via Paris, la nouvelle fashion week



Source link

Autres articles

Sept offres de reprise pour Camaïeu, dont deux complètes, audience décisive

info mode

Les temps forts de la fashion week SS21 Homme

info mode

Ant Group, la fourmi qui a fait son trou dans la caverne d’Alibaba

info mode

Zalando, Sustainable Apparel Coalition et Higg Co présentent une nouvelle norme mondiale de durabilité

info mode

La transformation de l’industrie vestimentaire : les exemples à suivre

info mode

Pour conjurer la crise, Le Bon Marché mise sur la chromothérapie

info mode