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Paris Fashion Week : retour vers le futur


Une plongée dans le monde d’avant. La semaine des collections féminines printemps-été 2022 qui se poursuit à Paris jusqu’au 5 octobre a clairement pris le contre-pied de ces dix-huit mois hors du temps en sortant le grand jeu, avec des shows spectacles et des stars internationales créant l’hystérie. Sur les podiums, les créateurs ont entrepris de naviguer entre cet avant et cet après, proposant des collections sur le fil entre passé et futur.

Loewe.

C’est dans le manège Battesti de la garde républicaine que Jonathan Anderson a présenté sa collection pour Loewe. L’Irlandais repousse toujours un peu plus loin les corrélations entre l’art et la mode : « Le point de départ est “La Déposition”, une peinture de Pontormo, à Florence. Il y a une notion très psychédélique, presque hystérique, dans ce tableau du XVIe siècle. Dans les vêtements, cela se traduit par de la sensualité, l’idée de jouer avec les ombres des drapés. Je suis chez Loewe depuis bientôt huit ans, il est temps d’aller vers de nouveaux territoires. La femme de cette saison regarde droit vers le futur, mais est en paix avec son passé. »

Les trench-coats sont découpés et basculés vers l’arrière, des pans de tissus drapent les épaules et les hanches, des vestes en denim se font capes… Empruntant également aux codes surréalistes, le créateur propose des robes déformées par des pièces de métal dorées et argentées fondues dans le tissu, le tout servi par des chaussures aux talons en forme de bougies, d’œufs cassés ou encore de vernis à ongles. Un vestiaire où chaque détail est parfaitement exécuté.

Valentino.

Chez Valentino, Pierpaolo Piccioli porte son regard sur la rue. Littéralement : c’est au Carreau du Temple, ancien marché couvert, qu’il a présenté sa ligne printemps-été 2022. Les mannequins continuaient leur procession dans la rue, pour parader devant les terrasses des cafés, réquisitionnées pour l’occasion. « Je voulais opérer un changement et être plus inclusif, apporter la vie dans le défilé. » Quoi de plus ouvert que la rue ?

La modernité du propos se poursuit dans la collection, à travers des jeans taille haute mixés à des chemises ou des manteaux richement brodés, des robes chemisiers qui se prolongent en des capes aux couleurs électriques et des imprimés floraux accompagnant des bermudas et des brassières… De fines bandes de tulle sont quant à elles incrustées dans des manteaux et des robes blanches ou taillées dans des sequins colorés, créant un effet d’optique déconcertant. Jetant un regard vers le passé, Pierpaolo Piccioli a choisi cinq pièces issues des archives pour en proposer une version actuelle, dont un long manteau zébré – porté par la mannequin Veruschka en 1968 – qui est ici marié à un short bloomer noir.

Un déluge d’accessoires

Véronique Leroy raconte, elle, avoir retrouvé dans son bureau une vieille boîte remplie de cuirs imprimés de fleurs kitsch années 1980. « Je me disais depuis longtemps que je devrais en faire quelque chose », raconte-t-elle. Elle a montré ces reliques à l’illustratrice Jeanne Detallante qui s’en est inspirée pour des imprimés fleuris, sur des robes fluides ou des manteaux-peignoirs en éponge, au milieu d’une frivole et rafraîchissante collection où dominent marron et jaune, « mes couleurs fétiches depuis l’enfance ».

Lutz Huelle.

Mi-journée au bureau mi-soirée arrosée à la vodka, le nouveau cru de Lutz Huelle mixe pantalons militaires et robes à sequins dorés, jeans, bombers et robes de cocktail à épaules découvertes, sur des femmes et – une première – sur des hommes. Pour le composer, il avait sur le mur de son studio ses six collections précédentes épinglées. « J’aime avoir en tête mon passé créatif pour me demander ce dont on aura envie dans six mois, explique Lutz Huelle. J’ai repris des capes d’il y a trois ans en les traitant façon couture pour les alléger, une chemise blanche de l’hiver dernier pour la couper en biais. »

Lanvin.

Regarder en arrière est aussi au programme chez Lanvin, où Bruno Sialelli essaie de trouver ses marques. On constate qu’il a refeuilleté des classiques de la BD devant ses imprimés Batman, Robin ou Catwoman (une collaboration avec Warner Bros). Pour parfaire ses silhouettes plantureuses, il y ajoute un déluge d’accessoires qui surjouent le glamour : talons à la Betty Boop, minaudières incrustées de cristaux en forme de cœur, chapeaux pailletés… Sans oublier des clins d’œil à Alber Elbaz, son prédécesseur décédé en avril, au travers de robes drapées dont il avait fait une signature.

Patou.

Guillaume Henry chez Patou propose quant à lui un vestiaire tourné vers les contes. « Pas les contes de fées. La femme Patou n’a pas à être une princesse, elle peut être un mousquetaire ! », précise-t-il. Un point de départ désuet pour une collection tout sauf poussiéreuse. Les volumes, imprimés chat botté et motifs fleuris sur des blouses vaporeuses, des robes aux manches gonflées ou encore des parkas d’inspiration sportswear affirment l’esprit contemporain de l’ensemble.

Balenciaga.

Demna Gvasalia chez Balenciaga a lui frappé très fort. C’est au Théâtre du Châtelet que les invités ont pris place pour assister à ce qu’ils pensaient être la diffusion d’un mini-film mettant en scène la collection. Le grand écran retransmettait pourtant le tapis rouge installé à l’extérieur et l’arrivée des invités. Entre deux rédactrices de mode, ce sont les mannequins portant la collection grand soir qui ont pris la pose. Parmi eux, l’acteur Elliot Page dans un costume ample porté avec une nouvelle version des chaussures Crocs, Isabelle Huppert dans une robe en maille noire très près du corps ou encore le rappeur Devonté Hynes, avec un blouson bomber duquel dépassait une chemise à carreaux.

Lire aussi « Bouger avec attitude, c’est du boulot ! » : les directeurs de mouvement, le nouveau métier des fashion weeks

On a également vu une robe foulard rose et rouge électrique ou encore ces vestes de costume aux épaules démesurées, signature maison. Après cette reproduction des tapis rouges d’antan, la maison a projeté un épisode de la série « The Simpson », mettant en scène la célèbre famille américaine prenant part à un défilé Balenciaga plus vrai que nature, Anna Wintour en front row comprise. Un moment joyeux et malin.

Hermès.

C’est à l’aéroport du Bourget que Nadège Vanhee-Cybulski a présenté sa collection pour Hermès. Une ligne consacrée aux nouveaux possibles, articulée autour du jaune, couleur « du soleil, du blé mais aussi de la femme dans l’Antiquité ». Le cuir des robes et des pantalons est souple, les petites vestes sont zippées, les combinaisons sont amples et favorisent le mouvement, les chaussures sont plates et confortables. Un motif floral parcourt la collection. « L’imprimé vient d’un foulard issu des archives. J’ai voulu me l’approprier et lui donner une retranscription moderne. C’est important de ne pas être nostalgique, de comprendre son héritage mais de l’inscrire dans le présent. »

Givenchy.

Enfin, dimanche 3 octobre, Matthew Williams a convié ses invités dans la salle de spectacle Accor Arena de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour ce qui fut son premier défilé avec public, depuis sa prise de fonction chez Givenchy en juin 2020. « Je pourrai passer mes journées à l’atelier à regarder les artisans travailler. C’est ce qui me rend le plus heureux », confiait-il quelques minutes avant le show.

Un œil sur la tradition française des ateliers de couture, un autre sur l’avenir, qui s’exprime à travers des jupes péplum portées avec de longues cuissardes de cuir, évoquant la période Givenchy d’Alexander McQueen, des tops en laine bouillie accentuant les épaules, des jupes brodées de tulle ou de sequins, et de grosses baskets aux pieds, imposant un pas affirmé et une silhouette… futuriste.

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