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pas de risque sous certaines conditions


Paris – L’agence sanitaire Anses n’a pas mis en évidence
de risque pour la santé des masques de la marque Dim, qui avaient été
distribués aux enseignants et accusés d’être traités avec des produits
toxiques, “dans l’hypothèse où les précautions d’emploi seraient strictement
respectées”.

Mais “dans les conditions réelles de port” de ces masques Dim, “tout risque
sanitaire ne peut être exclu”, note-t-elle dans un avis mitigé rendu mercredi.
“Dès lors que le masque traité est porté sans lavage préalable ou n’est pas
changé dès qu’il est humide, l’Anses considère en revanche que tout risque
sanitaire ne peut être écarté”.

L’agence sanitaire rappelle qu’elle “a été saisie en urgence” pour estimer
les risques potentiels de ces masques en tissu lavables traités par deux
substances actives antimicrobiennes, la zéolithe d’argent et la zéolithe
d’argent et cuivre.

Ces produits biocides ont été accusés d’être toxiques par le site
d’actualité Reporterre. Le ministère de l’Éducation nationale a suspendu le 20
octobre la distribution aux enseignants de ces masques controversés en
attendant les résultats d’une expertise.

A l’issue de son expertise, l’Anses “a écarté la potentialité d’effets
nocifs immédiats et graves pour la santé humaine, un constat conforté par
l’absence de signalement auprès des centres antipoison et de toxicovigilance
d’effets indésirables avérés liés au port de ces masques”.

Pour les risques à moyen terme, elle conclut que “dans l’hypothèse où les
précautions d’emploi seraient scrupuleusement respectées, le port de ces
masques ne présente pas d’effet nocif pour la santé humaine, notamment de
toxicité pour la reproduction”.
“Ces précautions comprennent le lavage avant le premier emploi et après
chaque utilisation, le port de 4 heures maximum et le remplacement des masques
dès qu’ils sont humides”, précise-t-elle.

Toutefois, compte-tenu des situations pouvant exister dans la vie courante,
comme le port de masques sans lavage préalable ou humide, et “des scénarios
+pire cas+”, l’agence sanitaire considère que des effets toxicologiques à
moyen terme tels que ‘l’accumulation d’ions argent Ag’ dans les organes
peuvent résulter de ces expositions” et que “des risques sanitaires ne peuvent
donc être totalement écartés”.

Elle relève que le traitement chimique par des substances biocides n’est
pas une exigence technique requise pour les masques en tissu et que, par
ailleurs, les fabricants ne sont pas tenus de mentionner ces traitements sur
les étiquettes.

L’utilisation des traitements antimicrobiens, en particulier dans les
produits de consommation courante, nécessite d’être mieux encadrée,
poursuit-elle en indiquant que la mise en place du Règlement Biocide y
contribue.

Enfin, l’Anses recommande d’accélérer l’évaluation des substances actives
au niveau européen afin que les articles traités contiennent uniquement celles
qui sont approuvées et adaptées au produit. (AFP)



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