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Pour les jeunes créateurs, une plongée pas comme les autres dans le grand bain de la fashion week


TAAKK.

A Paris, une entrée sur le calendrier officiel de la semaine de la mode – qui se déroule du 19 au 24 janvier – recèle toujours un parfum de promesses. Cette saison homme automne-hiver 2021-2022, une poignée de créateurs font leurs premiers pas dans le grand monde. Une promotion bouleversée par la pandémie, comme pour le Japonais Takuya Morikawa et le Français Pierre-François Valette. La fashion week aurait dû leur permettre de triompher sous les applaudissements ou de sympathiser en personne avec journalistes et acheteurs du monde entier… Les voilà finalement forcés de se faire connaître à distance, par écrans interposés. Une situation inédite.

« Faire partie du calendrier officiel est pour moi un honneur mais je regrette d’être si loin de Paris, loin des rencontres humaines que j’aurais pu y faire », avoue, depuis Tokyo, Takuya Morikawa. Pour son label, TAAKK, fondé en 2013, cet ancien d’Issey Miyake imagine un vestiaire sensible, jamais dans l’affirmation d’une masculinité conquérante, à admirer dans un film où un garçon erre dans une ville désertée.

Nourri par la photographie aux effets flous et tremblés de l’Américain Saul Leiter, il multiplie les prouesses techniques. « Je voulais créer des vêtements qui donnent l’impression de rêver, comme au travers d’un filtre. » En visio, il insiste avec fierté sur des pièces hybrides qu’il exhibe : une veste en laine mauve qui mute en chemise de coton blanche ; ou une veste en nylon opaque aux épaules et de plus en plus transparente jusqu’à la taille. Il s’inquiète devant sa webcam : « Vous arrivez à voir ? Quel dommage que les gens ne puissent pas toucher, enfiler ! C’est quand on les voit en vrai que les vêtements prennent leur juste dimension. »

Tournage et montage

Basé à Paris, Pierre-François Valette, qui a lancé en 2020 sa griffe Valette Studio, a pu accueillir quelques rares visiteurs en rendez-vous individuels pour montrer sa collection, des pièces tailleurs électrifiées de couleurs vives en clin d’œil à l’art cinétique du peintre Carlos Cruz-Diez, une de ses références. En novembre 2020, pourtant, lorsqu’il a appris qu’il intégrerait le calendrier officiel, il a pressenti que cette présentation ne suffirait pas, puisqu’elle serait inaccessible aux internationaux qui ne voyageraient pas cette saison jusqu’à Paris… Pour s’adresser à eux, il a pris les devants, a programmé un tournage puis fait composer une musique percutante originale pour parfaire un mini-film.

Valette Studio

Quand, dans le monde d’avant, les dernières heures des jeunes créateurs avant le grand bain prenaient la forme d’essayages de perfectionnement où montait l’adrénaline, les siennes ont été consacrées à superviser le montage de sa vidéo. « J’ai dû apprendre comment gérer le lissage du son, faire attention à comment ça rend sur un ordinateur, un portable, avec des écouteurs » : autant de paramètres auxquels les designers songeaient peu avant 2020.

« Bien sûr, on aurait aimé que les gens soient tous là, au studio, pour venir voir les pièces de près, mais je reste optimiste, sourit ce natif de Caen qui a fait ses classes chez Isabel Marant et Saint Laurent. Gageons qu’en juin [date de la prochaine fashion week masculine de Paris], les choses se seront débloquées ! » Et que ce faux départ soit compensé par un véritable baptême du feu en trois dimensions.

Valette Studio



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