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Quand le Brooklyn Museum fait dialoguer Dior avec New York


New York, 9 sept 2021 (AFP) – Après Paris et Londres, l’exposition Dior
s’installe à partir de vendredi au Brooklyn Museum dans une nouvelle version,
pour faire dialoguer la maison française avec la culture américaine.

“Dior couturier du rêve” avait battu des records d’affluence dans les
capitales française et britannique, en 2017 et 2019. La maison de couture,
propriété du géant du luxe LVMH, joue les prolongations et s’invite à New York
en pleine Fashion week, avec un récit plus américain sur Christian Dior.

En 1947, le couturier français rencontre un succès fulgurant à Paris avec
sa toute première collection Corolle, bientôt rebaptisée “New Look” par le
magazine Harper’s Bazaar, et qui va révolutionner la mode de l’époque avec une
silhouette redessinée, taille très cintrée, hanches rondes et jupe bombée.

Aux États-Unis, Dior est invité à Dallas pour recevoir le prix des magasins
de luxe Neiman Marcus. Son passage à Chicago est marqué par des protestations
de femmes qui refusent ses jupes “de grand-mère” si longues. Mais dès 1948, il
ouvre sa maison sur la 5e avenue à New York, qu’il a découverte dans un état
“d’émerveillement permanent”, écrira-t-il.

“Il a commencé son exploration du monde à partir de cette maison fondée en
1948”, affirme la commissaire de l’exposition, Florence Müller, responsable
des collections mode au musée de Denver, qui qualifie Dior de “pionnier dans
la globalisation de la mode”.

“Passionné d’art”

A travers quelque 300 robes sont retracés près de 75 ans d’histoire de la
maison et des créateurs qui ont succédé au Français, après sa mort en 1957,
d’Yves Saint Laurent à Maria Grazia Chiuri, l’actuelle directrice artistique
de Dior et première femme à occuper ce poste.

Dans le “Jardin enchanté”, une pièce très haute décorée d’une pluie
d’étoiles, les collections sont mises en valeur du sol au plafond et à 360
degrés.
“A peu près deux-tiers des robes n’étaient pas présentées à Paris” lors de
l’exposition originale, souligne Florence Müller. “Ici, Dior ne faisait pas de
haute couture, il faisait un prêt-à-porter de grand luxe” pour des
“Américaines (qui) recherchent quelque chose de plus confortable, peut-être de
plus facile à porter”, explique-t-elle.

De son côté, le Brooklyn Museum est parvenu à faire dialoguer la griffe
avec certaines oeuvres de sa collection. “Dior était un passionné d’art. Cela
se voit à travers ses créations”, souligne Matthew Yokobosky, conservateur de
la mode au musée new-yorkais.

Dès le début du parcours, on retrouve une délicate poupée en porcelaine
vêtue d’une robe noire, dessinée par Christian Dior lui-même et que
l’institution a pu acquérir dès 1949 pour une exposition sur la mode
française.
Puis il y a cette ressemblance saisissante entre une robe dessinée par John
Galliano et un tableau du peintre italien du début du XX siècle, Giovanni
Boldini.

Plus récemment, Maria Grazia Chiuri a collaboré sur un défilé avec
l’artiste américaine féministe Judy Chicago, dont une oeuvre monumentale, “The
dinner party”, est exposée au Brooklyn Museum.
Enfin, des salles sont consacrées aux stars d’Hollywood habillés en Dior et
aux photographes américains, comme Richard Avedon, qui ont immortalisé ses
modèles. (AFP)



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