mylovehair.com
Infos Mode

Réduire les voyages inutiles, repenser les défilés… lettre ouverte pour un changement profond de la mode


Model wears an outfit as part of the women ready-to-wear autumn winter 2020 2021, women fashion week, Paris, FRA, from the house of Dries Van Noten

PIXELFORMULA / pixelformula

Par Elvire von Bardeleben

Publié aujourd’hui à 17h43

Marine Serre.
Marine Serre. Chris Colls

Le consensus est une denrée rare en mode. Mais il existe un sujet sur lequel tout le milieu s’accorde, et cela déjà au temps préhistorique de l’avant-Covid : la mode est devenue trop excessive, elle va trop vite, elle génère trop de gâchis et de pollution. Pendant les indénombrables fashion weeks, où les marques dépensaient sans compter pour produire les défilés les plus somptueux, acheteurs et journalistes frôlaient le burn-out à force d’essayer de suivre tous les événements, tandis que les créateurs et leurs équipes s’épuisaient à proposer sans cesse des nouveautés. Malgré ce constat partagé et quelques initiatives solitaires, aucun mouvement collectif n’avait réussi à émerger.

La crise du Covid-19 changera-t-elle la donne ? Peut-être. C’est en tout cas ce que laisse espérer la lettre ouverte rédigée collectivement par une dizaine d’acteurs du secteur parmi lesquels Dries Van Noten et Marine Serre, mais aussi les créateurs Craig Green, Joseph Altuzarra ou Tory Burch.

Dries Van Noten.
Dries Van Noten. Pamela Berkovic

Depuis sa publication sur le Web, le 12 mai, la liste des signataires n’a cessé de s’allonger. Après huit jours, elle comptait déjà plus de 600 signatures de directeurs artistiques, mais aussi de dirigeants et d’acheteurs de grands magasins des quatre coins du monde. Mais, pour l’instant, pas de manifestation des deux géants du luxe, LVMH et Kering.

Les objectifs de la lettre sont clairs : elle vise à rationaliser le calendrier de la mode dès les prochaines collections automne-hiver. En stoppant les soldes incessantes et en adaptant la commercialisation des collections à la réalité des saisons (en clair : vendre des vêtements d’hiver en hiver et d’été en été). Elle s’engage aussi à rendre la fabrication des vêtements plus respectueuse de l’environnement, à produire moins, à réduire les chutes de tissus ainsi que les voyages inutiles, à repenser les défilés de mode.

Entretien exclusif avec le Belge Dries Van Noten et la Française Marine Serre, chevilles ouvrières de ce projet ambitieux.

Comment est né ce projet de lettre ouverte ?

Dries Van Noten : Avant même le début de la crise, on savait tous qu’il fallait changer la manière dont la mode fonctionnait. Et quand on s’est retrouvés à la maison, avec tout le temps nécessaire pour penser à ce qui ne va pas, on a ressenti le besoin de parler, d’échanger des idées, de nouer des liens avec d’autres acteurs du secteur.

J’ai discuté avec Andrew Keith, le président de Lane Crawford [grand magasin de luxe à Hongkong], on a décidé de créer un espace où différentes voix de l’industrie pourraient prendre la parole. C’est ainsi qu’on a lancé ces discussions sur Zoom avec Marine [Serre], Craig Green [designer anglais], Tory Burch [créatrice américaine], Etienne Russo [organisateur de défilés], le PDG de Thom Browne… On a dressé une liste de sujets qu’on voulait explorer. Et on a été très surpris de voir à quel point chacun était ouvert à la discussion. Peut-être que ça tenait au fait que chacun s’exprimait depuis chez lui, dans une atmosphère chaleureuse plus que compétitive. Après deux sessions, on a décidé de rédiger cette lettre ouverte.

Il vous reste 61.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Autres articles

le marché mondial du luxe devrait se contracter de 20 à 35 pour cent en 2020

info mode

Les innovations issues de la Fashion Week 2020

info mode

le souk de l’or de Dubaï brille à nouveau

info mode