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Regina Weber, le fin du fil


Régina Weber.

Dans la mode, finalistes et lauréats du Festival de Hyères essaiment ici et là. Certains défendent aujourd’hui leur propre marque, comme Marine Serre. D’autres ont rejoint des griffes de prêt-à-porter ou de couture jusqu’à obtenir parfois le poste suprême, tel Anthony Vaccarello, qui préside aux destinées du style Saint Laurent, ou Felipe Oliveira Baptista, aux manettes de la création chez Kenzo. Depuis deux ans, l’Allemande Regina Weber, finaliste de la trente-troisième édition, en 2018, s’est fait une place chez le façonnier Paloma. Pourtant, seulement quelques mois avant d’y arriver, « je n’en connaissais rien », avoue-t-elle avec franchise.

« Je réfléchis sans cesse à de nouvelles techniques, les suggère aux brodeuses puis les adapte et les affine en fonction de leurs retours. »

Il faut dire que, contrairement à d’autres maisons d’artisanat rachetées par Chanel, comme le plumassier Lemarié, le brodeur Lesage ou le chapelier Maison Michel, Paloma, qui emploie 36 salariés, est plus confidentielle et sans véritable spécialité. « On me demande souvent “Mais vous faites quoi chez Paloma ?”, s’amuse-t-elle. En vérité, notre singularité tient moins à une activité précise qu’à la finesse du travail, poussée à son maximum. On est un atelier de couture généraliste, qui peut intervenir sur des détails mais capable aussi de réaliser une pièce, du dessin à la production s’il le faut. Chez nous cohabitent pour cela des départements modélisme, textile, mais aussi fabrication, car on peut faire de la confection grâce à des partenaires espagnols. »

Regina Weber est responsable de création et développement textile. Avec une double mission. S’assurer que les commandes des clients – Chanel, bien sûr, mais aussi des maisons de couture ou de prêt-à-porter de luxe concurrentes – soient parfaitement exécutées, qu’il s’agisse d’une broderie, d’un smock, d’un embellissement, d’un point aux dénominations poétiques (le « jour échelle » ou le « entre vous et moi »). Mais aussi faire des propositions : « Je réfléchis sans cesse à de nouvelles techniques, les suggère aux brodeuses puis les adapte et les affine en fonction de leurs retours », avant de les proposer aux commanditaires.

Fleurs séchées et silicone

C’est chez Vladimir Karaleev, créateur contemporain bulgare basé à Berlin qui aime jouer avec les tissus et dessiner une garde-robe sophistiquée, qu’à l’âge de 20 ans, Regina Weber s’est pour la première fois rapprochée du textile. « Il a été mon maître et j’ai très vite eu des responsabilités dans sa petite structure. » Elle se cherche ensuite dans une école d’art berlinoise, touche au cuir, à la céramique, travaille le bois, part un an découvrir la culture japonaise en grande admiratrice de Rei Kawakubo et de Yohji Yamamoto.

Mais, en 2018, c’est avec des fleurs séchées qu’elle débarque au Festival de Hyères. Elle les a figées dans du silicone sur des manteaux sensibles comme des herbiers. « Une réflexion sur la nature qui fane, le temps qui passe, et qui symbolisait aussi la fin d’un cycle pour moi, car je savais que, pour travailler dans la mode, rester à Berlin n’était pas indiqué. » Destination ? Paris. Elle est en train de faire ses classes dans le studio de Paco Rabanne, à l’angle de la rue Montaigne, lorsque, un jour de janvier 2019, un e-mail de Cristina Pazos, directrice générale de Paloma (partie à la retraite depuis), suggère une rencontre. « On a parlé des heures, comme lors d’un coup de foudre, se souvient Weber. J’ai vu immédiatement les points communs entre cette petite maison inconnue et mon approche : la détermination, la recherche textile, l’esthétique douce et joyeuse, l’envie de prendre son temps pour bien travailler. Je me suis sentie un peu comme chez moi. »

Réalisation d’une pièce faite d’accumulation de tubulaires par Paloma pour le finaliste Xavier Brisoux.

Signe que sa recherche textile paye, ce printemps, une de ses suggestions a été plébiscitée par Virginie Viard. La directrice artistique de Chanel a commandé à Paloma une broderie pour la bouffante robe de mariée de sa dernière collection haute couture. « Dix mètres d’organza de soie découpés en 250 pétales smockés et rebrodés sur le devant de la robe », décrit Regina Weber avec une fierté contenue. « Souvent, dans la mode, par manque de temps ou de moyens, toute idée se retrouve simplifiée, schématisée, facilitée. Chez Paloma, au contraire, on peut pousser une idée jusqu’au bout. » Un luxe.



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