mylovehair.com
Infos Mode

Sandy Schreier ou le dressing au musée


Devant le temple d’Isis de Dendour, l’atmosphère est joyeuse, ce 25 novembre 2019. Habitués, VIP et équipe du musée sont réunis près de ce superbe vestige nubien conservé au Metropolitan Museum (MET), à New York, pour un cocktail de vernissage autour de Sandy Schreier, énergique et pétillante octogénaire habillée d’une robe noire rebrodée signée Biyan. Voici l’une des plus grandes collectionneuses de mode au monde, célébrée par une exposition qui dévoile quelque 80 pièces d’exception, extraites de la donation qui en compte 165 et que Schreier a promise à l’institution.

Une consécration pour, selon son expression, « le travail de toute une vie ». « Ce soir-là, mes émotions étaient contradictoires », nuance-t-elle six mois plus tard au téléphone, tandis que le confinement la contraint à une douloureuse solitude depuis de longues semaines. « Ce 25 novembre marquait aussi les cinq ans des funérailles de mon mari, mon cher Sherwin. Cela aurait été parfait s’il avait été là. »

« Sandy a, avant tout le monde, traité les vêtements qu’elle accumulait comme une collection d’art et non comme une garde-robe. » Jessica Regan, conservatrice du MET

Au sein du petit club que forment les collectionneurs de vêtements à travers le monde, Schreier fait figure de précurseuse. Elle a toujours traité les 15 000 pièces de sa somptueuse collection – Chanel, Vionnet, Fortuny, Adrian, Lanvin, Schiaparelli, Christian Dior, Saint Laurent, Balenciaga… – comme des œuvres d’art. « Vous ne vous mettriez pas un Picasso sur le dos, si ? » rétorque-t-elle toujours à ceux qui lui demandent comment elle a pu résister à la tentation d’un essayage. « Je n’ai jamais – vous m’entendez bien, jamais – essayé de les porter. Même en douce ! »

Soin, admiration, dévotion : « Sandy a, avant tout le monde, traité les vêtements qu’elle accumulait comme une collection d’art et non comme une garde-robe, observe Jessica Regan, conservatrice du musée qui a travaillé sur la donation et l’exposition. Quand nous allions lui rendre visite à Detroit pour la préparation, elle ouvrait chaque boîte et on ne savait jamais à quoi s’attendre. Mais tout était incroyablement bien préservé. »

Avant que les expositions sur les couturiers ne battent des records d’entrées, avant que la légendaire rédactrice Diana Vreeland ne rejoigne le Metropolitan Museum, en 1973, pour commencer à faire entrer la mode dans les salles, Schreier, déjà, parlait de la couture, du prêt-à-porter et des accessoires accumulés comme autant de trésors à préserver. « Sherwin, qui était avocat, prenait des dépositions partout à travers les Etats-Unis et je le suivais. Dans chaque ville, peu importe sa taille, je demandais toujours au directeur du musée un entretien. Lorsque j’y parvenais, je lui disais : “Vous devez monter une exposition sur la mode qui est une forme d’art” et lui expliquais ce qu’était la haute couture. La plupart l’ignoraient ! »

Il vous reste 62.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Autres articles

MSGM accélère fortement en Chine

info mode

Face à la Covid-19, des marques s’engagent pour accélerer la transformation durable

info mode

La Vaporfly de Nike, déclencheur d’une course à l’armement plantaire

info mode

Qu’est-ce que l’outil « Store Mode » de Zara ?

info mode

« Évoluer dans un monde en perpétuelle transformation est une révolution permanente » – Entretien avec Lubomira Rochet

info mode

Sept offres de reprise pour Camaïeu, dont deux complètes, audience décisive

info mode