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Shang Xia, le Hermès chinois, défile pour la première fois à Paris


Shang Xia

Shang Xia ? Oui, « le Hermès chinois », répondent dare-dare les initiés de la mode devant le novice qui s’interroge sur l’identité de la marque autant que sur la prononciation à adopter (« chang kja »). Peu connue en Europe, cette maison a de fait été fondée en 2010 par le sellier français et la directrice artistique Jiang Qionq Er avec l’ambition d’en faire un joyau à 360° de luxe à la chinoise. Avec la bénédiction de collaborateurs d’un goût sûr, de l’architecte Kengo Kuma au photographe Paolo Roversi, les premières pièces allaient du tabouret en bois de zitan à des robes en cachemire, de la théière en bambou et céramique aux bols en porcelaine.

Inscrit pour la première fois au calendrier officiel, lundi 4 octobre, Shang Xia s’est offert un défilé à la Paris Fashion Week. Aux manettes ? Un nouveau directeur artistique chargé de la mode, Yang Li. Face au public ? Une collection aux coupes simples, matières nobles et teintes chatoyantes. « Avec ce projet, je veux montrer que les Chinois ne sont pas que des consommateurs ou des manufacturiers, mais des participants effectifs à la création », ambitionne le trentenaire. Sa démonstration prend à revers le noir omniprésent qui fait le sel de ses collections personnelles. Il mêle tee-shirts zippés cobalt ou jaune fluo en cachemire double face, manteau bubble-gum à poches plaquées, tailleur abricot et manteau croisé argent, pantalons en satin, capes enveloppantes et grandes parkas… Le tout chaussé de bottes et sandales sci-fi à rebord translucide. Graphique. Eclatant et efficace, à défaut d’être complètement singulier.

Réanoblir le blanc et les formes pures

Les enjeux de ce nouveau départ ne sont pas minces. En dix ans, Shang Xia n’a jamais vraiment percé. Et lorsque Hermès, longtemps propriétaire à 90 %, a revendu, fin 2020, une majorité de ses parts au groupe Exor de la famille Agnelli (dont le portefeuille coiffe des actifs aussi divers que le constructeur automobile Stellantis, le groupe de presse The Economist ou la Juventus Turin), certains observateurs ont levé un sourcil : faire prospérer une maison de luxe chinoise serait-il mission impossible ?

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Yang Li, dont le studio est installé à Paris et qui a décidé que la majorité de la confection serait assurée en Italie, veut y croire : « Je ne compte pas produire des tee-shirts avec des dragons, un langage premier degré. Mais un vestiaire de très haute qualité qui parle à la Chine contemporaine, aux gens de mon âge, aux millennials. Une clientèle raffinée, éduquée, qui a eu l’opportunité de voyager en dehors du pays et d’y revenir. » Il assure vouloir « éviter toute tentation d’ornement inutile », « réanoblir le blanc » (le ton des emballages qu’il a redessinés), travailler en priorité « des formes pures, primaires » : le mouvement circulaire des cols roulés bien soulignés, les traits droits des manteaux matelassés en cuir nappa, le triangle des sacs en aluminium et cuir laqué…

Shang Xia

Le Pékin d’aujourd’hui, capitale d’un empire dont il souhaite emprunter « l’ouverture aux technologies », n’a plus grand-chose à voir avec celui de son enfance modeste. « Je n’avais pas l’opportunité d’aller à l’école, ce qui m’a rendu plus curieux, meilleur observateur, raconte-t-il. Quand j’ai déménagé avec ma famille en Australie, à l’âge de dix ans, je n’étais jamais monté à bord d’une voiture. » Passé par l’école Central St Martins de Londres, qu’il a abandonnée en cours de cursus, Yang Li a fait ses classes à Anvers, en Belgique, auprès de Raf Simons, avec qui il partage un art précis du tailleur, jamais trop cintré, et une obsession pour la musique. Depuis 2010, quand ses collections n’étaient pas nourries de cinéma noir et rugueux (Abel Ferrara et Michael Haneke pour l’hiver 2017, le blockbuster Young and Dangerous pour l’hiver 2018…), c’est pour des collaborations avec des musiciens (Nick Cave, Jehnny Beth, Justin Broadrick…) que Yang Li était réputé.

Shang Xia

Depuis son arrivée chez Shang Xia, son label personnel a été mis sur pause. Façon de se concentrer à 100 % sur sa mission délicate. « Je ne suis pas un magicien, je sais que c’est un défi, convient-il. Mais j’ai un privilège rare : celui d’avoir devant moi une page blanche pour définir un luxe neuf, un style chinois. »

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