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Tati, tout va disparaître


Le magasin Tati, boulevard Rochechouart, à Paris.

Affaire soldée

Le navire amiral de Tati, situé au 4, boulevard Rochechouart, dans le quartier populaire de Barbès, à Paris, s’apprête à fermer définitivement ses portes. La date de fermeture n’est pas encore connue mais la cession de l’immeuble devrait être bouclée au cours du deuxième trimestre 2021. La Mairie de Paris a annoncé, le 9 février, qu’elle intégrait le site dans un appel à projets. Elle souhaite le transformer en logements, tout en restant « ouverte aux possibilités d’utilisation commerciale du rez-de-chaussée ». La fermeture du dernier magasin de l’enseigne avait été annoncée en juillet par le groupe GPG (GiFi), son propriétaire depuis 2017. La fin d’une histoire de plus de soixante-dix ans.

Un boulevard devant lui

Jules Ouaki, immigré tunisien et ancien sous-marinier des Forces françaises libres (FFL), ouvre sa première boutique sur le boulevard Rochechouart en 1948. Une échoppe de 50 mètres carrés dans un « quartier pourri », selon ses termes. Il y vend son linge en vrac, sur des étals ou au fond de « bacs à fouille ». A une époque où la plupart des boutiques bourgeoises imposent de sonner avant d’entrer, le « libre-service textile » de Jules Ouaki fait sensation. A partir des années 1950, « le prince de Rochechouart », comme le surnomme L’Express en 1980, se met à racheter les hôtels de passe et les rades du boulevard pour s’agrandir. En 1995, Tati s’étend du nº 2 au nº 36 et occupe une centaine de mètres de trottoir.

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Monument capital

Les années 1980 sont fastes. En témoigne cet article du Figaro, en 1987 : « Quel est Ie “monument” de Ia capitale le plus visité ? La tour Eiffel, le Louvre, l’Arc de triomphe ? Non, vous n’y êtes pas. L’institution parisienne qui a fait déplacer trente-cinq millions de visiteurs l’an dernier s’appelle Tati. » A la clientèle populaire du magasin de Barbès s’ajoutent des populations immigrées, des touristes et des jeunes « branchés ». Tous appâtés par « les plus bas prix » : des collants à partir de 1,99 franc (60 cents), des foulards à 4 francs (1,24 euro), des pulls à 9,50 francs (2,90 euros)… Mais aussi de la vaisselle, des bijoux ou encore des robes de mariée, dont les prix modiques sont compensés par des commandes astronomiques.

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A bout de souffle

A partir de la fin des années 1990, Tati s’essouffle. L’enseigne au vichy rose et bleu souffre d’une gestion hasardeuse et de la concurrence de franchises comme H&M et Zara. Elle est rachetée à deux reprises : en 2004, par une filiale du groupe Eram, après un dépôt de bilan, et en 2017 par le groupe GPG, actuel propriétaire. Le magasin de Barbès n’a plus rien à voir avec le bazar d’antan. Sur Internet, des nostalgiques de la grande époque décrivent un magasin de 6 500 mètres carrés presque vide, sombre et mal chauffé. Il devait rester le tout dernier Tati, avait indiqué le groupe GPG en 2019, en annonçant la fermeture de tous les autres. C’était sans compter le Covid-19.



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