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“The show must go on”


Paris – Confiné, privé de rencontres avec ses clientes,
inquiet pour l’avenir de son équipe: “j’avais le noeud au ventre tous les
jours, mais ce n’est pas la peine de le montrer. The show must go on”,
déclare
le couturier Stéphane Rolland.

Sa petite collection haute couture est mise en scène dans un studio blanc
immaculé “avec une orientation pop-art” et esprit seventies.
C’est la mannequin espagnole Nieves Alvarez, une des dernières muses
d’Yves
Saint Laurent, avec “ce je ne sait quoi qui apporte du pep’s”, qui joue de
son
regard bleu intense et prend des poses devant les caméras mettant en valeur
ses robes blanche, caramel ou jaune citron. Longues et enveloppantes.

“Cette saison j’ai fait des formes très cocon: protectrices et
généreuses”,
explique Stéphane Rolland habillé en blanc lors du tournage de son film
dévoilé mardi dans le cadre de la semaine de la haute couture digitale.
Ces silhouettes “viennent de ce confinement. Pendant cette période
déstabilisante, on a envie du confort et du bien-être, d’être rassurée”,
souligne-t-il.

“J’ai beaucoup dessiné pendant le confinement, c’était un refuge
psychologique pour échapper à l’angoisse. J’avais le noeud au ventre tous
les
jours, mais ce n’est pas la peine de le montrer”.
“Tactile, méditerranéen”, il manque de contact direct avec ses 400
clientes
régulières, au Moyen-Orient, aux Etats-Unis et en Europe. En temps normal,
il
prend l’avion pour aller les voir où les reçoit à Paris.

Émeraudes en verre, “fenêtres” dans une cape

Et “rien ne peut remplacer la réaction du public” pendant le défilé, même
si le créateur n’en est pas à son premier film de mode.
“Digital ou pas digital, le problème n’est pas là, le problème c’est de
montrer une collection que tout le monde peut voir en toute sécurité. Je
n’ai
aucun problème avec le digital qui permet aussi beaucoup de liberté (…)
c’est un épisode et il faut être créatif”.

“La priorité c’est de montrer le vêtement intelligemment et de façon
séduisante le vêtement et la femme”, un exercice auquel Nieves Alvarez se
prête à merveille.
“Elle a une manière de marcher qui est unique, elle glisse, elle vole”,
s’enthousiasme le couturier.
“Je trouve que ma profession c’est d’être actrice que ce soit dans un
film
ou dans un fashion show”, raconte la mannequin à l’AFP.
“J’adore les défilés, c’est une énergie différente, le contact avec le
public, la musique, mais j’adore aussi rester devant la caméra, j’entre dans
la peau du personnage imaginé par Stéphane: c’est une femme sensuelle,
élégante et forte. Moi je suis très forte et très positive”.

La collection post-covid de Stéphane Rolland célèbre “une féminité
exacerbée” avec des détails “amusants” comme des fenêtres en plastic
incrustées dans une cape ou “précieux” telle une reproduction de diadèmes
anciens “mais de façon totalement fantasmée sur des bustes ou sur une
épaule”.
Des créations qui ont “fait travailler des artistes souffleurs de verre”
qui ont rouvert leurs ateliers et qui ont “retranscrit les émeraudes,
topazes
et citrines”.
“La haute couture est pour moi un art qu’il faut encenser et magnifier
pour
faire rêver”, résume-t-il. (AFP)

Crédit : FRANCOIS GUILLOT / AFP



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