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Thom Browne adresse ses conseils aux créateurs émergents


Lors d’une conférence organisée par Fashion Scholarship Fund, Thom Browne a détaillé sa vision créative et dispensé de nombreux enseignements à son audience. FashionUnited y était, voici ce qu’il faut en retenir.

S’adressant à Peter Arnold, directeur exécutif de Fashion Scholarship Fund, le créateur américain conseille à la prochaine génération de faire de la mode à sa manière. Bien que les mentors soient inestimables et que l’un des anciens patrons de Browne soit Ralph Lauren, il est trop facile de se fier à la façon dont les carrières ont été formées dans le passé et à la façon dont les autres ont réussi. « Je voulais vraiment le faire à ma manière », dit-il. « Vous devez trouver votre façon de faire les choses. »

Personne ne peut nier que c’est en effet ce qu’il a fait. Sa vision, sa pensée originale et jusqu’à ses incontournables lunettes font de Thom Browne un modèle de créativité au sein de l’industrie de la mode américaine. Il ne vient cependant pas d’une école de mode, son parcours a été rythmé par des compétitions de natation, des études d’économies et de japonais, puis une expérience laborieuse de créatif à Los Angeles. C’est parce qu’il avait besoin d’un emploi et qu’il avait entendu parler d’un poste vacant chez Giorgio Armani qu’il est finalement entré dans le secteur de l’habillement. Sa naïveté était un atout : « Mon entrée dans la mode a parfois été plus facile car je ne savais pas dans quoi je m’embarquais ». La suite appartient à l’histoire de la mode.

Toutes ces années passées à faire évoluer le costume sur-mesure, jouant avec les proportions, et intégrant des inspirations vintage tout en visant la jeune génération, ont présenté des défis sans fin. Des collaborations enrichissantes avec des marques aussi diverses que Moncler et Brooks Bros ont permis de soutenir financièrement son entreprise, mais les hauts et les bas du commerce de détail ne l’ont pas laissé indemne. Il se souvient de moments déterminants comme par exemple la fois où sa première collection a été sélectionnée par le concept store parisien Colette et par Bergdorf Goodman. Mais il a aussi connu le creux de la vague avec une faillite en 2009.

Aujourd’hui, bien que sa société soit désormais détenue majoritairement par le groupe Ermenegildo Zegna, Browne ne se sent redevable à personne et conserve un contrôle total. Les sacrifices font partie du processus. « Je ne pourrais jamais recommencer, j’ai donc dû tout faire pour continuer », dit-il.

Thom Browne ne suit pas les tendances, ne poursuit pas l’air du temps, et ne prête pas vraiment attention au marché. « Sachez aussi peu de choses que possible de ce qui se passe à l’extérieur, cela vous libère. (…)[ autrement ] vous êtes paralysé par les idées brillantes qui ont déjà été faites », explique-t-il. Un message qui semble aller à l’encontre de l’enseignement fondamental des écoles de mode. Il dit ne pas utiliser de moodboards et ne pas avoir besoin de croquis pour le brainstorming créatif initial. Il parle de ses idées avec son équipe de designers et de modélistes talentueux. « Ensuite, je laisse simplement faire, » dit-il.

Comment Thom Brown construit son équipe créative

« J’embauche très rarement quelqu’un avec trop d’expérience », déclare Browne. « J’ai beaucoup de gens qui ont commencé leur carrière ici ». Chez Thom Browne, les stagiaires qui ont démontré qu’ils étaient ouverts et prêts à « plonger » sont donc souvent embauchés. Les étudiants et les diplômés seront sans aucun doute ravis d’entendre cela, mais il ajoute toutefois que les candidats doivent comprendre son approche et en quoi consiste sa marque. « Si vous n’aimez pas un costume gris, je ne sais pas pourquoi vous viendrez me voir », dit-il.

Selon lui, tous les diplômés devraient d’abord travailler pour une marque, apprendre à apprécier la valeur du travail acharné et à voir ce que le business implique, avant même d’envisager de lancer quoi que ce soit. Les jeunes créateurs doivent également se défendre et s’exprimer sur les augmentations ou les promotions, car la plupart du temps, les plus hauts responsables ne pensent pas à ces questions. Il ne pense pas que cela importe.

Dans les portfolios, Browne aime voir des intérêts qui sont en dehors de la mode ainsi que des preuves de compétences telles que le modélisme et la couture. Alors qu’il déplore qu’il n’y a rien de plus décevant qu’une idée provocatrice qui n’en est pas vraiment une, il offre ces derniers mots aux jeunes créatifs qui débutent : « Ne perdez jamais la pureté de votre créativité. C’est ce qui est le plus précieux quand je regarde les gens ».

La rédactrice de mode Jackie Mallon est également éducatrice et auteure de Silk for the Feed Dogs, un roman sur l’industrie internationale de la mode.

Cet article a initialement été publié sur FashionUnited.com. Il a été traduit et édité en français par Julia Garel.




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