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une aide qui n’est pas sans faille


Paris- Le fonds de solidarité s’est élargi depuis mars
2020 pour couvrir un nombre croissant d’activités affectées par la crise du
Covid-19, mais certaines entreprises peinent à faire reconnaître qu’elles
dépendent de secteurs fermés.

La fabrication de vêtements

“Le système est assez mal fait : il ne regarde que l’activité principale du
siège, or on est multi-activités. J’ai 11 sites en France, dont 10 qui sont
des magasins de détail et le siège social où on est fabricant et créateur de
vêtements”, a expliqué à l’AFP Sébastien Pagani, président du groupe Avona,
structure de 80 salariés.

Cet industriel, uniquement fabricant de vêtements aux yeux de
l’administration, affirme que s’il avait eu 11 sociétés différentes, il aurait
touché 10 000 euros par mois pour chacun des dix magasins fermés ; mais il n’y
a pas droit puisque, selon lui, il est considéré comme un créateur et non un
magasin.

Les salariés de ses magasins sont au chômage partiel, mais ses frais fixes
ne sont pas pris en charge et son activité ne figure pas sur la liste “S1 bis”
des secteurs touchés par ricochet par les fermetures administratives.
Il relève aussi que des aides pouvant aller jusqu’à 200 000 euros sont
perçues par “des commerces de gros, des gens qui achètent à l’autre bout du
monde (…) et font souvent fabriquer leurs vêtements dans des conditions
sociales catastrophiques”.

“Nous on a des stylistes, des modélistes, des patroneuses, des couturières
ou des machines de coupe automatique”, détaille ce patron.
Aujourd’hui “on se retrouve avec un stock phénoménal qui a perdu de sa
valeur et on est quand même obligés de continuer à produire pour amener la
nouvelle collection”, s’alarme ce patron qui n’a pas renouvelé 50 salariés en
CDD l’an passé.

Dans le textile également, Caroline Barthélémy fabrique et commercialise
depuis la Creuse des maillots de bain de compétition, une activité qui souffre
de la fermeture des piscines et des clubs de natation.

Son entreprise de commercialisation, Nataquashop, a fini par percevoir des
aides depuis le mois de janvier, sans rétroactivité.
Mais la situation n’est toujours pas réglée pour Crazyswim, son entité de
fabrication.

Mme Barthélémy parle d’une situation ubuesque où le décret sur les
catégories aidées “ne reprend que la première ligne” d’une nomenclature
englobant la “fabrication d’autres vêtements et accessoires”, si bien que les
maillots de bain se retrouvent exclus des aides plus importantes, à l’inverse
des gants ou des chapeaux, pourtant membres de la même sous-classe 14.19Z.

Les vendeurs de dragées

Les vendeurs de dragées sont pour l’administration assimilés aux
boulangers, pâtissiers et confiseurs, mais cette classification ne tient pas
compte du fait qu’il travaillent majoritairement pour des événements qui ne
peuvent plus se tenir.

“La majorité de notre chiffre d’affaires est réalisé par la vente de
dragées pour les baptêmes, les communions et les mariages”, témoigne Christèle
Paraillac-Bertrand, salariée de Var Dragées, entreprise familiale à La Garde
près de Toulon dont son frère est le gérant.

L’entreprise perçoit le fonds de solidarité, mais pas les aides réservées
aux secteurs en difficulté.
“Les 1 500 euros nous servent à régler notre loyer parce que notre
propriétaire bien gentiment nous a accordé une petite baisse”, précise Mme
Paraillac-Bertrand.
Anne-Claire Rigaud, gérante de la confiserie Violette et Berlingot, à Lyon,
est dans une situation analogue.

Cette commerçante ne réalise plus qu’entre 10 pour cent et 20 pour cent de son chiffre
d’affaires habituel, qui dépend beaucoup de l’hôtellerie de prestige et des
Ehpad, où les bonbonnières situées à l’accueil ont été enlevées pour des
questions d’hygiène.

Elle aussi a droit aux 1 500 euros du fonds de solidarité de base mais “par
rapport à mes 3 500 de loyer, c’est peanuts”.
Mme Rigaud dit avoir “écrit à Bruno Le Maire qui m’a répondu que je ne
rentrais pas dans les critères”, précise-t-elle.

La réponse de Bercy

Au ministère de l’Economie, on indique recevoir “beaucoup de demandes
individuelles qu’on traite au cas par cas, parce qu’il peut y avoir des
erreurs administratives ou une mauvaise compréhension des critères. On se doit
de répondre aux personnes qui se posent des questions sur le fonds de
solidarité”.

On reconnaît aussi qu’”il y a toujours quelques trous dans la raquette qui
nous remontent, mais tant qu’on nous ne les signale pas, c’est compliqué de
les connaître”. (AFP)



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