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Valentino et Armani, les italiens qui jouent à domicile


Par Elvire von Bardeleben et Théodora Aspart

Publié aujourd’hui à 15h39

Quitte à présenter leurs collections haute couture printemps-été 2021 en version digitale, deux maisons italiennes ont fait le choix de jouer à domicile, sans quitter le calendrier parisien. Ainsi, Valentino a diffusé le film d’un show capté à Rome, sans public, sous les dorures de la galerie Colonna. La vidéo ne rend pas justice à cette collection extraordinairement raffinée. « Il n’y a pas de narration autour de cette collection : l’histoire, c’est la collection elle-même, commente sur Zoom Pierpaolo Piccioli, le directeur artistique de la maison. Voilà pourquoi je l’ai présentée sous la forme d’un défilé et non d’un film scénarisé. C’est un pur acte de mode. » Sur son « cahier d’inspiration » figurent des œuvres de Giacometti, Fontana et Burri : des artistes qui ont travaillé la matière jusqu’à ce qu’elle devienne l’œuvre elle-même.

Valentino.

Tout s’éclaire lorsqu’on voit les vêtements en gros plan : un pull à col roulé qui n’est pas tricoté, mais composé de petits boudins de soie, une robe corolle qui n’est pas taillée dans un lamé, mais entièrement brodée avec une finesse inouïe, un manteau en cuir perforé dans lequel sont tissés des rubans de cachemire… « Je trouve intéressant que l’œil ne perçoive pas tout d’emblée et que ce qui nous semble familier ne le soit pas, en réalité », ajoute-t-il en prenant l’exemple d’un bermuda qui, de dos, est une jupe. On peut s’étonner qu’en pleine pandémie, le créateur ait dessiné une collection fleuve de soixante-treize looks. D’autant qu’il s’agit de haute couture, ce summum de mode destiné à une élite et aux grandes occasions. « Mais la couture, c’est une manière de rêver, répond-il. Cette collection, ça a été pour nous une forme d’évasion. »

Lire aussi « Un rêve de mode » ou la haute couture selon Valentino

De son côté, Giorgio Armani avait annoncé dès le mois de mai 2020 que sa prochaine collection couture ne serait pas présentée à Paris mais à Milan, sa ville de cœur, où il vit et où sont installés ses ateliers et ses bureaux. Sobrement baptisée « Omaggio a Milano » (« hommage à Milan »), elle a été présentée et filmée sans public dans les salons couture du palais Orisini, une prestigieuse résidence milanaise du XVIIe siècle où le groupe Armani a installé son siège social en 1996. La transition vers le digital ne semble pas contrarier le designer de 86 ans : « La couture représente l’apogée de la créativité, mais c’est un monde peu accessible. Aujourd’hui, grâce à Internet, nous sommes en mesure d’offrir un siège au premier rang à tous. »

Armani Privé.

Inspiré par sa ville aux rues vidées par la pandémie et les restrictions qu’elle impose, Giorgio Armani a imaginé une collection à la beauté dépouillée. Des tailleurs qui mélangent les nuances de gris, mat ou lamé, parfois brodé de cristaux cèdent la place à des robes du soir en velours bleu nuit. Pour finir sur une note plus optimiste (qui correspond à l’état d’esprit du créateur, qui dit attendre avec impatience le vaccin), une explosion de couleurs estivales vient vivifier le propos, à l’instar d’une robe crinoline aigue-marine brodée de cristaux, paillettes multicolores et fleurs en 3D qui a demandé cinq cents heures de travail.



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