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William Koeberlé, Président du CdCF réagit à la fermeture des commerces « non essentiels »


Depuis ce vendredi 30 octobre, les bars, les restaurants, mais aussi
tous les commerces considérés comme « non-essentiels » au printemps sont
contraints de fermer en France pour la seconde fois cette année. Pendant
une période d’avant « fêtes de fin d’année », cruciale pour le commerce et
encore davantage cette année après le premier confinement du printemps.
Spécialistes du jouets, acteurs de la parfumerie, de la
bijouterie-horlogerie et plus généralement secteur de l’équipement de la
personne, mode et chaussures en premier lieu, réalisent le plus gros de
leurs chiffres d’affaires avant Noël. Les fédérations du commerce, comme la
FNH (Fédération nationale de l’habillement), le CNCC (Conseil national des
centres commerciaux), l’Alliance du Commerce se sont exprimées par voie de
presse et communiqués sur le sujet. William Koeberlé, qui représente
l’association du Conseil du commerce de France, chapotant ces
organisations, réagit pour FashionUnited.

FashionUnited : Quelle est la réaction des organisations
professionnelles et des commerçants face à ce nouveau coup dur ?

William Koeberlé : l’ensemble de nos membres jugés à tort, comme « non
essentiels » a pris ce nouveau confinement comme un véritable coup de
massue. Toute la distribution s’est montrée exemplaire en matière de
protocole sanitaire à la sortie du premier confinement. Nous avons même été
au-delà des directives d’alors du gouvernement. Le port du masque a été la
norme, les flux, la distanciation sociale, ont été maîtrisé que ce soit
dans de petits commerces où de grandes chaînes. Et de fait, il n’y a pas eu
de clusters dans les boutiques. C’est un sentiment d’injustice,
d’incompréhension et de colère qui prédomine actuellement. Déjà mis à mal
au printemps, 30 pour cent des commerces risquent la faillite, dans les
secteurs saisonniers que sont le jouet et l’équipement de la personne en
premier lieu.

Quels sont les sujets prioritaires que vous allez aborder avec le
gouvernement ?

Nous allons revendiquer en priorité la réouverture des commerces
« saisonniers », le jouet, bien évidemment, en période de fin d’année, la
bijouterie-horlogerie, la beauté, et l’habillement. Concernant ce secteur,
et pendant cette période, la lingerie féminine est au premier plan.
J’insiste aussi sur l’amplification d’une « concurrence déloyale » qui ne
dit pas son nom, celle des pure players. Le commerce physique qui fait le
tissu de la France perd sur tous les plans. Nous regardons les exemptions
de fermetures et voulons ajouter à cette liste les secteurs cités,
fortement marqués par la saisonnalité. Nous entamons un dialogue avec les
pouvoirs publics, main dans la main avec les Chambres de Commerce. Nous
allons nous mettre autour de la table.

Quels sont les leviers des commerces dans cette période de crise aîgue
?

En dehors des aides déjà connues, qui n’ont pas bougées, il a la
question des loyers commerciaux, pas encore tranchée. Il y a aussi
l’ouverture du gouvernement sur un délai de 15 jours pour la réouverture.
Nous sommes évidemment déterminés à trouver une solution d’ici là.
Il faut aussi pousser auprès de nos adhérents le « click & collect ». Pour
les grands, comme pour les petits. Il existe, tous secteurs confondus,
900 000 commerces en France. Parmi eux, 500 000 n’ont même pas d’adresse
internet. Je ne parle pas de site, je parle simplement de présence sur le
net. Les commerces de proximité, dont la mode fait partie doivent
travailler pour s’approprier le numérique afin de pouvoir livrer, au coup
par coup, les commandes de leur clientèle habituelle. Il s’agit d’investir
l’outil digital et de l’adapter selon ses besoins. On l’a constaté pendant
le premier confinement : les commerçants qui se sont servi du digital ont
redémarré beaucoup plus vite que les autres.

Crédit: CdCF



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