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Yvette LIBBY N’guyen et son hommage au rétro-cool


Marque indépendante gender fluid, YLN propose une alliance entre nostalgie, sophistication intemporelle et élégance, qui puise son inspiration dans ses racines vietnamiennes et le style parisien.


Portée par le motto “Chérir le passé, embellir le présent », YLN redéfinit la mode avec une passion pour les pièces d’extérieur et une préoccupation environnementale, utilisant des fibres ou des teintures naturelles, faisant au consommateur une proposition unique en n’offrant que deux exemplaires de chaque pièce par taille.

La fondatrice et directrice artistique, Lib N’guyen, partage sur sa marque basée à Paris, son inspiration, son parcours dans la mode et l’importance du design gender-fluid.

Pouvez-vous me parler un peu de YLN et de votre parcours dans la mode ?

Je suis née au Vietnam, dans un petit village à coté de Saigon (Ho Chi Minh ville). J’ai grandi dans une famille qui pensait que la mode était de la vanité, et quand j’ai commencé à dessiner des croquis et à habiller mes poupées, et même mon chat, mes parents n’étaient pas contents. Ils voulaient que je passe plus de temps à lire et étudier pour devenir une femme d’affaires, plutôt qu’une couturière ou une créatrice.

Pour ma famille, j’ai arrêté de faire des habits et j’ai fait des études de commerce, cachant ma passion pour la mode. Je suis allée étudier à Singapour, au Japon et aux Etats-Unis, tout en faisant des petits boulots dans la mode. J’ai ensuite travaillé pour une entreprise pharmaceutique mondiale au Vietnam et c’est alors que j’ai vraiment réfléchi à mes rêves de mode.

A la même époque, je suis tombée par hasard sur une photo d’une jeune femme métisse dans les photos de famille. Ma grand-mère me dit alors que « cette fille » était mon arrière-grand-mère, Yvette N’guyen, qu’elle était couturière et ajouta que ma famille n’était pas fière d’elle et que je devrais plutôt l’oublier.

Après avoir quitté mon emploi dans la compagnie pharmaceutique, j’ai passé 11 ans, en partant de zéro à apprendre et à travailler partout où je pouvais dans la mode. J’ai étudié la mode au Cnam (Conservatoire National des arts et métiers) et à l’ESMOD Paris, puis en 2016, j’ai lancé Yvette LIBBY N’guyen Paris.

Comment vous est venu le nom de la marque ?

Yvette est le souvenir de mon arrière-grand-mère, son prénom et Lib est mon surnom. Et je n’oublie pas mes origines vietnamiennes avec mon nom. Et tout ça à Paris.

Yvette LIBBY N’guyen Paris combine le style parisien, vos origines vietnamiennes avec une sensibilité au grand air. D’où vient votre inspiration ?

Je suis une rêveuse. C’est ce que la plupart de mes amis disent de moi. Je peux prendre un chocolat chaud dans un café à Paris aujourd’hui et imaginer que cela se passe au même endroit dans les années 20.

Le Vietnam et la France ont eu une connexion pendant la période coloniale et la guerre d’indépendance. Dans le vocabulaire vietnamien, certains mots sont français. J’ai toujours ressenti cette connexion, par ma culture familiale et le travail. Et j’ai senti que j’avais un engagement envers Paris, d’expérimenter la vie de mon arrière-grand-mère comme rêveuse. Je n’y peux rien. J’ai une nostalgie qui m’habite.

Il y a de nombreuses références cinématographiques dans vos collections. Quelle sorte de films vous inspirent tant ?

Ma mère travaillait pour un théâtre et cinéma local quand j’étais enfant, et je l’accompagnais au travail. Je regardais alors gratuitement des films sur un vieil écran géant en attendant qu’elle finisse son travail.

J’ai vu des films de partout : Vietnam, Hong Kong, Japon, Chine mais aussi Etats-Unis, Mexique, France. Je ne comprenais pas la plupart des films à mon âge, mais j’étais fascinée par les tenues et les costumes. Cela a initié ma passion pour la conception de costumes.

Ce qui m’intéressait dans le costume, c’est que cela définissait les différentes caractéristiques, et même les destinées des personnages qui les portaient. Cela m’a motivé à en savoir plus et je crois que tout le monde a son « costume » aujourd’hui, dans ce cinéma de la vie.

Yvette LIBBY N’guyen Paris s’enorgueillit d’être une marque gender fluid. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

Quand la mode est genrée, cela ne vous permet pas de choisir la silhouette que vous souhaitez mais parmi celles qui vous sont offertes. En revisitant ce code, Yvette LIBBY N’guyen donne à ses clients la liberté de choisir la ligne qu’ils veulent, leur permettant d’être eux-mêmes. C’est pourquoi une grande partie de la gamme peut être qualifiée d’unisexe.

Les vêtements d’extérieur sont un axe majeur de la marque. Qu’en est-il du trench coat que vous adorez ?

J’ai toujours été obsédée par le personnage d’Hercule Poirot, le détective de roman. C’est pour moi une icône de mode et le trench coat est une définition de l’élégance fonctionnelle. C’est un pilier intemporel de la garde-robe, porté par des détectives de tout âge, sexe ou nationalité. L’allure autoritaire du trench en fait sans surprise la pièce de choix pour les détectives.

Un trench coat peut améliorer votre style personnel tout en vous sauvant la mise face aux intempéries dans la vie quotidienne. Si comme moi, vous avez vécu le climat des quatre saisons dans la même journée d’été en Californie, en passant du chaud matin ensoleillé à la pluie battante, puis à une accalmie le soir, vous comprendrez. Je crois que le tissu imperméable high-tech du trench coat d’YLN embellit votre journée et la rend confortable.

Vous faites seulement deux exemplaires de chaque pièce pour chaque taille. Pourquoi donc ?

En partie à cause de la rareté des stocks initiaux, soit parce que ce sont des tissus dormants qui ne seront pas refabriqués, soir parce que certains matériaux éco-conçus sont limités.

Plus important, toutes les pièces sont faites par notre équipe d’artisans qualifiés. Chaque pièce est comme une œuvre d’art. Parfois, deux exemplaires du même modèle ne sont exactement identiques, mais elles sont toujours belles. Nous voulons que nos clients expérimentent l’unicité, et chaque modèle porte le nom d’une inspiration différente, avec sa propre histoire.

Je crois que quand vous ne pouvez pas trouver deux fois la même pièce, vous y faites plus attention, et c’est adopter un nouveau comportement de consommation que d’acheter moins mais de meilleure qualité.

Comment vous assurez-vous que votre marque est durable ?

La durabilité peut être un mot à la mode, mais chez Yvette LIBBY N’guyen, nous avons décidé d’être écoresponsables et éthique depuis le début. Si nous ne le sommes pas, nous ne souhaitons pas continuer.

C’est simplement une question de respect, pour les gens et leur cadre de vie, et nous ne pouvons pas ignorer cela.

C’est pourquoi la plupart des techniques que nous utilisons nous permettent de réduire l’impact de la fabrication des vêtements, comme l’utilisation d’encres naturelles jusqu’aux fibres naturelles et biologiques, comme le chanvre, le coton ou le lin, en passant par les tissus issus de stocks dormants. Tous nos boutons sont en coquillage naturel ou en corne.

YLN donne aussi à des ONG locales et internationales pour soutenir leurs projets environnementaux.

Nous pensons aussi que le lien humain est essentiel dans la qualité du produit fini et c’est pour cela que Yvette LIBBY N’guyen Paris a ouvert son propre atelier de confection au Vietnam, à Saigon. Nous nous assurons que les conditions de travail sont meilleures que les standards du pays, et nous aidons tous les membres de l’entreprise dans tout type de difficulté.

Vous avez travaillé pour des marques comme Furla ou Geox, mais aussi comme créatrice de costumes pour le cinéma. Que vous ont apporté ces expériences ?

Je suis reconnaissante d’avoir eu de telles opportunités dans le milieu de la mode, d’un atelier de confection sur mesure à la réalisation de costumes pour des films, avec une longue histoire avec les marques. Grâce à ces expériences variées, je me suis aguerrie et j’ai appris pour pouvoir passer à autre chose avec Yvette LIBBY N’guyen Paris.

Mme Yvette, votre arrière-grand-mère, couturière des années 20 à 50, inspire votre marque, mais également un roman. Que vouliez-vous partager en racontant cette histoire ?

C’est simplement parce que je l’aime et j’ai le sentiment d’avoir plus appris de son histoire sur la beauté du féminisme qu’avec les discussions actuelles. Elle était homosexuelle, ce qui était inacceptable à son époque, et elle était suffisamment courageuse pour vivre sa vie indépendamment, en menant de front un amour et une carrière.

Je ne vis pas exactement la même vie, mais le message de son histoire est important pour moi : « Jouer avec la main qu’on a reçue » (en référence au poker). Vous ne pouvez probablement pas changer les ingrédients de la vie, mais vous pouvez en faire votre recette unique. Je pense que c’est un état d’esprit éternel.

Quel est le futur d’Yvette LIBBY N’guyen Paris ?

Coller à notre ADN dans cette société complexe, en étant rétro-cool, unisexe et écoresponsable, tout en promouvant le crédo « Acheter moins mais de meilleure, qualité ».

Nous avons aussi démarré la campagne « Communauté Yvette » pour soutenir et promouvoir plus d’artistes de différents secteurs, comme la musique, la danse ou la peinture, pour donner une vitrine à des talents cachés et élargir leur audience.

Pour plus d’informations à propos de Yvette LIBBY rendez-vous sur la page dédiée:
fashionunited.com/companies/yvette-libby-n-guyen-paris



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